Prozac et somnifères...
Ne font pas bon ménage chez moi... Heures d'insomnie... Réflexions...
J'avais 25 ans et je croyais ma vie finie. Je sortais du monastère après 18 mois de tentative de vie religieuse. J'avais compris à mes dépens que je n'étais pas fait pour cette clôture qui ne me mettrait pas à l'abri du monde et de ses tentations. J'étais déboussolé, désemparé, déprimé. Je n'ai dû mon salut qu'à la présence de Philippe, un homme plus âgé que moi, qui a su m'entourer, me rassurer, me redonner goût à la vie et s'appuyer aussi sur moi pour me faire prendre conscience de ma propre force. Nous avons partagé beaucoup de moments délicieux: de longues soirées de discussion, des virées nocturnes pour voir le lever du soleil dans des endroits insolites, des journées en mer, des week-end de ski, des animations de cérémonie, de la musique, du bricolage, de la botanique. Une complicité profonde nous rapprochait. Je ne l'aimais pas comme il m'aimait. Nous avons fait l'amour quelques fois, par tendresse, par affection, par amitié, pour nous tenir chaud, pour nous sentir vivants. Je trouvais cela normal. J'avais confiance et bien que novice, j'étais heureux de lui montrer ainsi ma reconnaissance. Et puis la vie a repris son cours. J'ai fait des projets. Je me suis marié. Je l'ai blessé certainement mais je lui avais toujours dit que je pourrais pas m'assumer en couple avec lui et je croyais sincèrement et naïvement que l'amour avec une femme pourrait venir à bout de mes hésitations sexuelles. Et je voulais des enfants. Il a accepté et s'est éloigné. Je comprends mieux maintenant le sacrifice que cela a dû lui coûter. Je l'en remercie.
